LES OISEAUX NOIRS

jeudi 6 février 2020
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Dans le Finistère, corbeaux freux, corneilles et choucas cohabitent, mais ils ne bénéficient pas du même statut.
Si les corbeaux freux et les corneilles sont classés nuisibles, donc régulés à tir ou piégés (cages), les choucas sont une espèce protégée par une directive européenne entérinée par la France. En conséquence, ceux-ci prolifèrent, particulièrement dans le Finistère ; mais ils s’étendent actuellement dans les départements limitrophes, particulièrement les Côtes d’Armor.

Les Choucas sont omnivores mais les végétaux constituent les deux tiers de leur ration et ils affectionnent particulièrement les graines en germination. Ils s’abattent donc sur les semis des principales cultures, les maïs notamment, mais aussi les cultures légumières. Dès le semis ou la plantation ils repèrent les champs et arrachent les graines ou les jeunes plantules tant que la graine n’est pas résorbée, soit vers dix centimètres de haut pour le maïs.

Les dégâts sont importants vu les effectifs présents sur le terrain au point qu’ils peuvent nécessiter un nouveau semis. Encore faut-il que des semences de remplacement existent, ce qui n’est pas toujours le cas.
Outre le coût des semences et du nouveau semis il faut souligner le décalage d’un mois environ : le nouveau semis s’effectue début juin contre fin avril, début mai pour le premier. Pour le maïs ce retard d’un mois peut remettre en question le rendement en ensilage, voire annuler la possibilité de récolter le maïs en grain. Ceci se traduit évidemment par un manque à gagner supplémentaire car les dégâts ne donnent droit à aucune indemnisation.

Quelles mesures pour limiter la population de choucas ?

Malgré son statut d’espèce protégée, à la demande du monde agricole (Chambre d’Agriculture) soutenu par la DDTM et l’État, décision a été prise de fixer pour le Finistère un quota annuel de 7 000 choucas à réguler. Les lieutenants de louveterie sont chargés d’en prélever 1900 lors de battues administratives. Mais ce sont des bénévoles et ils ne sont que dix dans le département.
D’autre part le Finistère compte sept secteurs tests en matière de limitation des populations de choucas : dans chacune des communes de ces secteurs deux chasseurs sont nommés pour tirer 20 oiseaux chacun, au total 3 600. Viennent s’y ajouter 1500 choucas à éliminer par piégeage.
Aucun quota n’est accordé aux gardes particuliers des associations

7 000 choucas prélevés, cela peut pourrait paraître beaucoup pour certains. Mais alors que la population est estimée entre 300 000 et 500 000 individus, chaque couple peut faire naître entre 4 et 5 petits par an. On peut aisément imaginer la croissance exponentielle de la population.
Autre facteur favorisant, de nombreuses cheminées de maison abritent des nids où les oisillons sont bien protégés. La recommandation préfectorale de recouvrir les sorties de cheminées de grillage est bienvenue. Mais ce n’est qu’une recommandation, pas une obligation ! Quel sera la proportion de conduits ainsi équipés à temps pour éviter les nidifications ?

C’est encore insuffisant

L’autorité préfectorale du Finistère est consciente du développement des choucas. Mais les mesures sont minimales et n’enrayeront pas l’explosion des effectifs. Au niveau national il semble que personne ne soit conscient du problème. Faudra t-il attendre l’invasion de nombreux départements français pour obtenir une réaction.
Dans l’immédiat il faut faire monter la pression auprès de la DDTM et des instances agricoles pour aboutir dès que possible au recensement des dégâts et à leur évaluation économique. A cet effet il est important que le agriculteurs procèdent systématiquement à la déclaration des dommages.
Les chasseurs avec l’appui des lieutenants de louveterie font le maximum dans le cadre de la loi au nom du contrat moral qui les unit aux agriculteurs Les associations de chasse financent les cartouches. Toutefois leurs fonds ne sont pas extensibles. L’aide des compagnies d’assurances, des associations agricoles est donc bienvenue.
Et seuls les politiques, maires, députés et sénateurs peuvent faire évoluer le statut de l’espèce. Les choucas ne doivent pas partout continuer à être une espèce protégée.

Pour reconnaître les corvidés cliquez sur le lien suivant :

http://trombinature.org/corvidesnoirs.php


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