Brest Métropole : sangliers Les nouveaux envahisseurs

, par  Prever , popularité : 2%

Ils prolifèrent sur les communes de Brest Métropole et limitrophes. Prever a décidé d’aborder un sujet d’actualité sur le développement des sangliers.
A cet effet, il a réalisé l’interview d’Yvon LEON, administrateur de la Fédération de chasse du Finistère et Président de la société de chasse intercommunale de Saint Renan qui recouvre totalement ou partiellement 12 communes de l’Ouest de Brest .

PREVER : De quand date l’arrivée du sanglier en territoire Brestois ?

Yvon Léon : L’arrivée du sanglier en pointe du Finistère date de moins de 10 ans et son développement est rapide et significatif avec déjà la présence de plusieurs centaines d’animaux sur notre territoire, notamment sur les zones non chassables : domaines publics, zones industrielles désaffectées, propriétés privées, refuges Aspas (Association pour la protection des animaux sauvages) qui servent de lieux de reproduction.
Par contre, la nuit, ils quittent ces refuges pour aller ravager les cultures agricoles, les jardins ...
Nous allons vers une grave problématique de gestion de cette population en région brestoise.

Le golf de l’Iroise après le passage des sangliers

PREVER : Comment est arrivé le sanglier en pointe occidentale ?

Yvon Léon : Contrairement à certains clichés véhiculés par certains, le sanglier n’a pas été introduit sur nos territoires.
Le milieu de la chasse n’a aucun intérêt à jouer aux apprentis sorciers au détriment d’un milieu agricole dont il entend rester totalement solidaire.
Le sanglier a progressivement évolué du centre Bretagne pour gagner progressivement le centre Finistère, puis la côte Finistérienne, à l’instar du chevreuil qui était totalement absent de nos territoires et dont la densité est devenue très significative aujourd’hui sur notre territoire.
Pour illustrer localement cette extension sur la commune de Plougastel Daoulas : 27 sangliers prélevés au vu de l’extension des friches.

PREVER : Quel sont les risques de ce fort développement ?

Yvon Léon : Il y a un triple risque :

  • un risque économique : des dégâts importants sur les cultures et dans les espaces publics ;
  • un risque sanitaire avec le développement de la Peste Porcine Africaine ;.
  • un risque sécuritaire avec la multiplication des accidents routiers dus aux collisions.

PREVER : Quels sont les moyens d’action ?

Yvon Léon :

  • Le décantonnement : il s’agit de faire déguerpir les animaux de leurs refuges ;
  • le prélèvement par organisation de battues en période de chasse autorisée ;
  • la pose de cages de prélèvement dans les zones non chassables ou dangereuses ;
  • la pose de clôtures autour des cultures avec l’aide des sociétés de chasse.

PREVER : Quelle contribution de la Fédération de chasse ?

Yvon Léon : Un travail remarquable a été réalisé par les techniciens cynégétiques en concertation avec les sociétés locales de chasse pour identifier les zones de présence des sangliers sur les communes, les traversées d’axes routiers, pour minimiser les risques d’accidents, l’évolution des populations ...

PREVER : Qu’est ce qui explique ce rapide essor du sanglier ?

Yvon Léon : Le sanglier n’a pas de prédateur naturel, à part l’homme.
Le sanglier se reproduit très vite, une laie pouvant effectuer deux portées soit 12 à 20 marcassins par an ;l’âge de la reproductrice n’est pas déterminant : une jeune laie peut reproduire dès lors qu’elle atteint le poids d’une trentaine de kilos.

PREVER : Quelle est l’ implication des élus communaux sur ce dossier ?

Yvon Léon : A Brest Métropole , certains, peu au fait de la dimension cynégétique a trop longtemps ignoré la réalité du terrain eainsi que les alertes régulières
Elle est restée totalement inactive pendant trop longtemps en ne tolérant aucun prélèvement sur ces zones qui ont constitué de véritables refuges à sangliers pendant des années : c’est la principale cause de la situation actuelle.
Aujourd’hui nous pouvons nous réjouir qu’à partir d’une prise de conscience collective que des actions concrètes soient menées en totale concertation entre les instances politiques de BMO et les acteurs cynégétiques.

PREVER : Comment voyez vous l’avenir ?

Yvon Léon : L’avenir reste inquiétant tant au niveau des dégâts que de la sécurité sur les routes : les accidents sont nombreux (115 collisions recensées sur le Finistère pour la saison de chasse 2021-2022) car il est difficile d’éviter une harde d’une dizaine de sangliers qui traversent un axe routier à l’improviste.

Les instances politiques semblent avoir pris conscience de la gravité de la situation actuelle et favorisent les actions de prévention et de régulation de la Fédération Départementale des chasseurs et des sociétés locales de chasse.
Tout sera mis en œuvre pour assurer cette régulation en appui du milieu agricole et dans le respect de la sécurité des citoyens et de la sauvegarde de la biodiversité.

En complément
Deux graphiques sur l’évolution des prélèvements de sangliers, leur répartition et l’accidentologie liée à leur présence.
Cliquez sur la vignette pour y accéder

Et aussi :
un lien vers une vidéo : "13 sangliers dans le maïs à Milizac"
https://www.youtube.com/watch?v=KufGNLenBHk

Nous publierons ultérieurement le lien vers une étude exhaustive de la Fédération des Chasseurs du Finistère sur la prolifération du territoire de Brest Métropole.