LIMITER LES DEGATS DES CORVIDES :

l’exemple de Kerlouan
jeudi 6 février 2020
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La Chambre d’Agriculture du Finistère estime à 660 000€ les dégâts occasionnés en 2018 par les corvidés. Et encore tous les agriculteurs ne déclarent pas les dommages constatés.

Agriculteur bio à Kerlouan Georges Guezennoc est particulièrement attentif à la problématique des dégâts de corvidés. En agriculture biologique il n’est pas possible d’utiliser de graines enrobées de répulsifs classiques. Il lui faut donc trouver d’autres pistes concrètes pour lutter contre corneilles noires, corbeaux-freus et choucas, sachant que cette dernière espèce est protégée.

Une panoplie de moyens

Il faut donc mettre en œuvre des méthodes agronomiques limitant les attaques. Une préparation du sol soignée permet d’obtenir une terre meuble et l’on vise une profondeur de semis de 4 à 5 centimètres . Semer à la même période que les autres agriculteurs permet la dilution des attaques.
En cas de dégâts les interventions consistent à poser des filets de protection, mais ils sont très coûteux à utiliser, des effaroucheurs acoustiques et ou visuels. Toutefois ces derniers s’avèrent globalement peu efficaces : on ne fait que déplacer le problème d’une parcelle à l’autre et les corvidés finissent par s’habituer aux effaroucheurs.

Reste la battue administrative : celle-ci doit être encadrée par le lieutenant de louveterie et il faut trouver le bon créneau pour réunir suffisamment de chasseurs. De plus cette opération est difficilement réalisable à Kerlouan au vu de l’habitat très dispersé.
Face à ces difficultés Georges Guezennoc et ses collègues agriculteurs se sont mobilisés afin de limiter les dommages. En collaboration avec la chambre d’agriculture, ils ont organisé des formation de piégeage à destination des agriculteurs. Par ailleurs depuis 2014 ils ont investi dans la construction d’une cage roulante pour piéger les corvidés. Les choucas piégés doivent être relâchés car protégés par la loi.
Ce piégeage peut s’avérer efficace mais il est exigeant en termes de suivi et de temps car il faut relever les pièges tous les jours. La solution retenue à Kerlouan a donc été de se rapprocher des chasseurs . Ce sont eux aujourd’hui qui gèrent la cage roulante et les pièges, à la demande des agriculteurs. Georges Guezennoc est persuadé que la réussite de cette méthode passe par la nécessaire collaboration des agriculteurs et des chasseurs.

En conclusion, face à ces dégâts de corvidés il convient d’anticiper en employant des méthodes agronomiques dissuasives. Il faut aussi surveiller les cultures pour repérer les premières attaques et intervenir en utilisant filets, effaroucheurs et pièges. Enfin il ne faut pas omettre de déclarer les dommage auprès de la Chambre d’Agriculture ou la fédération des chasseurs.

Pour plus de détails sur la lutte contre les corvidés, cliquez sur le lien suivant  :
https://www.arvalis-infos.fr/des-solutions-a-combiner-des-le-semis-du-ma-s-@/view-21348-arvarticle.html



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